2001 L’odyssée de l’Estaque


2001, une opérette-rock : est-ce bien raisonnable ?

Après la furie qui salua les dix-sept remixes tamouls du Live à Endoume de Def Leppard et de Uriah Heep en 1977, remixes bien connus des aficionados des cassettes ferro-dynamic BASF C60 et du Radiola à piles "solid state compact recorder", après le fracassant come- back de la Stone et Chardenmania ,celui-là même qui balaya sur son passage les dernières réticences des derniers inconditionnels de Throbbing Gristle et de Christian Death, que fallait-il encore inventer en ce bas monde, pour faire encore pulser le bon peuple d’une joie sans mélange et d’un bonheur sans faille, pareils à l’aube mordorée et chatoyante d’une ère nouvelle qui se lèverait, porteuse de mille et une promesses d’airain, sur une scène musicale depuis longtemps tartinée à ses quatre points cardinaux d’une eau tiède, sirupeuse et fadasse, à tel point que ne figuraient dans les bacs des rayons " trash destroy " des disquaires de notre cité phocéenne préférée, plus que les compilations des meilleurs discours d’Edouard Balladur, période " inauguration maisons de retraite de sous préfecture "…

Relevant le gant d’un défi jeté par-delà le temps et l’espace, par le panthéon réuni des deux-cent dix-sept divinités tutélaires du rock’n’roll , ( y compris Vince Taylor et Sim), et des cent trente-deux incarnations majeures de Vincent Scotto (à juste titre nommé par l’entourage de Monseigneur Etchegaray "le Chuck Berry du Cours Belsunce"), certains anciens combattants de divers groupuscules agitatifs de la Télécaster et de la Malaguti , (et parfois même les deux en même temps ), décidèrent de renouer avec la glorieuse tradition de nos non moins glorieux anciens, et de faire revivre avec les harmonies et les passions d’aujourd’hui, le mythe ancré dans notre mémoire collective de pastaga-addicts : l’Opérette Marseillaise !

Mixant les influences diverses et variées de la culture rock et méditerranéenne, de la tchatche post-match au stade Vél’, de la dérision maniée au quatrième degré, avec le même brio et la même célérité que Bruce Lee quand il maniait ses deux nunchaku à la fois dans "Le retour de la vengeance du fils du Dragon II", QUARTIERS NORD, groupe de vieux messieurs encore très verts, pas encore atteints par les divers problèmes de prostate rencontrés habituellement au soir d’une vie marquée par une activité sexuelle trop chargée, Quartiers Nord, donc, a créé un espace narratif cisaillant de belle manière le champ du réel de sa roborative déconnade primesautière, servie par un back-up musical en béton chromé bleui à chaud, composé par Alain Chiarazzo, un des officiels piliers de ce groupe-icône.

Pas moins de quatre scénaristes, imprégnés du souffle épique qui sied aux heureux élus touchés par la conscience de la mission quasi- initiatique dont ils sont dépositaires, (imprégnés parfois aussi de certaines substances dont les plus avouables sont le Gigondas 1995 et la mauresque tassée), furent nécessaires à la création de l’univers poétique et lyrique, bien que parfois aussi légèrement gras, dans lequel s’inscrit la geste d’ARBLADE, pur héros décalé et chafoin d’un troisième millénaire encore en devenir… ARBLADE, protéiforme personnalité attachante aux mille et une chatoyantes facettes, au Q.I de palourde, mais au destin princier, véritable pivot de cette saga estaquéenne héroïque, saura se débarrasser, au prix de mille épreuves et renoncements, de ses oripeaux de niais de bas étage, pour enfin parvenir à l’état de demi-dieu, pareil à la chrysalide de l’Entomophtora borealis qui déploie et expose aux regards émerveillés d’un monde de laideur ses magnifiques élytres parcheminées, délicatement teintées de striures luisantes, dans un camaïeu velouté de bleus et de mauves argentés....( ça y est, vous pouvez enfin respirer.)

Pour servir et incarner à leur juste valeur les multiples facettes psychologiques d’un personnage aussi confusément torturé au niveau des nombreuses strates d’une personnalité à la complexité non feinte, (quoi que…), rien de moins que le mythique ROBERT ROSSI, la voix de QUARTIERS NORD, plus connu du côté de la Rocade Burel sous le ridicule sobriquet de " Rock’ , la terreur des Vu- mètres ", référence culturelle vivante de nombre de jeunes gens aimant le parler gras et l’aïoli attitude.

Dans le désordre de leur apparition sur scène et/ou sur les fichiers de la Sacem, on peut citer en guise de fiche technique divers personnages tels que :
- Scénario et dialogues : Gilbert Donzel, Edmonde Franchi, Robert Rossi, Jean-Marc Valladier .
- Paroles Chansons : Gilbert Donzel, Robert Rossi.
- Musique : Alain Chiarazzo, Gilbert Donzel.
- Mise en scène : Yves Favrega.
- Distribution : Robert Rossi (Arblade), Edmonde Franchi (Angèle, Toinette), Gilbert Donzel (Tony Scofoni, alias " le Curé de peu de rien ", gougniaffier filandreux mais néanmoins sympathique, aux poigneés d’amour hypertrhophiées), Marie-Ange Janucillo ( Zohra, la Bonne Mère), Frédéric Achard ( Zè, l’Arapède)
- Musiciens : Alain Chiarazzo ( Guitares), Etienne Jesel (Basse), Philippe Torel, Thierry Macé (Claviers), Guillaume Bonnet (Batterie)

Création au théâtre Gyptis en janvier 2001.